Etudes sur Jung et Pauli, Philosophie

Jung/Platon quand le psychologue sort de la caverne

De Chrystel Delaigue, Le Martin Pêcheur Domaine jungien, 2016.

JungPlaton quand le psychologue sort de la caverneAlors que Platon érige le monde des Idées, sphère d’absolus intelligibles qu’il distingue de celle du monde sensible, Jung rappelle qu’il ne fait pas de métaphysique parce que doivent être premiers l’expérience, le terrain, le patient. Par la spécialisation des savoirs qui s’installera peu à peu avec la Renaissance, on n’aura de cesse de vouloir distinguer nettement philosophie et psychologie. Aussi peut-il sembler curieux, voire impertinent d’inviter le lecteur à franchir le pas de ce dialogue entre les deux auteurs. Pourtant, n’est-ce pas ce même Platon qui conduit le prisonnier de la caverne à en sortir puis à y redescendre, retrouvant ainsi le corps, la matière et l’ombre de ce lieu souterrain ? De la même façon, n’est-ce pas Jung qui retrouve avec érudition et ferveur les références platoniciennes et nous amène, cette fois, à nous extraire de cette antre primordiale ? Plus largement, il peut sembler opportun, déterminant même de retrouver ce qui, dans le corpus jungien, s’inscrit dans le sillon de la pensée platonicienne, autant pour la poursuivre que pour s’en démarquer.amazon-premium
Philosophie

Temple et contemplation

De Henry Corbin, Entrelacs, 2007.

temple et contemplationhenry corbinCe livre constitue un testament, et plus précisément le testimonium (témoignage) chevaleresque d’Henry Corbin. Le lecteur assiste là à l’authentique  » confluent des deux mers  » : la tradition occidentale templière et la tradition orientale du Temple. L’ouvrage constitue cette confluence érudite entre la tradition chevaleresque de l’Occident et la fotowwat (Compagnons Chevaliers) de la tradition orientale. La leçon profonde de ce livre majeur qui résume avec discrétion une longue vie spirituelle de plus en plus ardente à mesure qu’elle mûrissait au soleil invisible de la Lumière incréée, c’est que l’image archétype du Temple – en Orient comme en Occident – n’est pas séparable de la méthode  » contemplative  » et que finalement  » le contemplateur, la contemplation et le Temple ne font qu’un « . C’est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple et le Temple dressé dans l’Imaginal devient ainsi Porte du Ciel. C’est alors que la transcendance, pour reprendre une belle image à la spiritualité islamique, m’est plus proche et présente que l’artère qui palpite sa vie à ma tempe… Gilbert Durand

amazon-premium

Philosophie

L’imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’ Arabî

De Henry Corbin, Entrelacs, 2006.

imagination créatrice henry corbinIbn’Arabi (Murcie 1165-Damas 1241), philosophe, théologien et mystique musulman, est reconnu dans la tradition du Soufisme comme le plus grand Maître. C’est le philosophe qui a sans doute le mieux théorisé l’unicité de Dieu, reconnaissant la présence divine en toute forme et toute image. Disant de lui :  » Je ne suis ni un prophète, ni un Envoyé, je suis simplement un héritier, quelqu’un qui laboure et ensemence le champ de la vie future « . Ibn’Arabi se donnait la capacité de convoquer les prophètes hors de  » présences imaginales  » se considérant comme l’équivalent des Envoyés de Dieu. Plus qu’une biographie du Maître Ibn’Arabi, l’ouvrage est une étude, une analyse approfondie de l’univers de la spiritualité comme source de l' » imagination créatrice « . Selon ces réflexions et méditations, la Création, macrocosme cosmique, ombre visible de la lumière originelle est d’abord une matérialisation du verbe divin. Aux conditions initiales de la création des mondes répond la créature imaginant aussi son monde ou ses mondes, poursuivant elle-même la création et renouvelant. C’est par cette étude, fondatrice dans son œuvre, que Corbin a forgé le concept  » d’imaginal « , initiant ici le décloisonnement qu’il poursuivra à travers toute son œuvre entre l’imaginaire et la science.

amazon-premium

Philosophie

Philosophie de l’Art Royal

De Michel Weber, les Editions de Chromatika, 2015.
michel weber l'art royalOn propose ici une ellipse philosophique définie par les deux foyers de l’Art Royal : l’Alchimie et la Franc-Maçonnerie. Ces trois territoires seront de plus recoupés par la psychologie analytique de Jung. Au nombre de nos conclusions, on trouve les thèses suivantes : primo, le Philosophe est l’héritier d’une tradition ascétique et gnostique ; secundo, l’Adepte n’a rien du chercheur d’or et tout du mystique travaillant à sa propre transfiguration ; tertio, l’Initié peut se réclamer de cette filiation philosophico-alchimique qui traverse les œuvres de Pythagore, Platon et Albert le Grand ; quarto, l’Analyste endosse, avec les contradictions qui sont propres à une discipline toujours en quête de notoriété scientifique, ce même héritage.amazon-premium